LA VIE DES AUTRES – Das Leben Der Anderen (All.)

Un film de Florian Henckel von Donnersmarck
avec Ulrich Muhe, Sebastian Koch , Martina Gedeck, Thomas Thieme,
Ulrich Tukur….


Synopsis

Novembre 1984, à Hohenschönhausen, centre de détention de la Stasi, Allemagne de l’Est, le capitaine Gerd Wiesler ( Ulrich Muhe ), officier de renseignement modèle, enseigne aux futurs cadres de la Stasi, les techniques d’interrogatoire. Lors d’une soirée au théâtre, le ministre de la Culture, Bruno Hempf ( Thomas Thieme ), demande au lieutenant colonel Anton Grubitz (Ulrich Tukur) de surveiller l’auteur de la pièce, Georg Dreyman( Sebastian Koch). Le ministre n’est pas indifférent aux charmes de la compagne de Dreyman, l’actrice Christa-Maria Sieland ( Martina Gedeck ). Dès le lendemain, Wiesler truffe de micros l’appartement que Dreyman partage avec Christa-Maria et se relaie jour et nuit avec un agent, retranscrivant les détails de la vie du couple…
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Dès le départ Gerd Wiesler pose son personnage que l’on devine froid, entièrement dévoué à la cause, le Parti , un être conditionné, formaté, totalement convaincu par l’idéologie est-allemande d’alors. Nous découvrirons au cours du film un être solitaire et vide sentimentalement .
A l’opposé le couple qu’il va devoir surveiller est riche intellectuellement et uni par la passion qui le dévore. Cet amour plus l’échappé intello que leur permet leur statut d’artistes les maintient à flots malgré un régime pesant et brimant. On devine l’écriture de Georg bridée, il s’auto-censure en quelque sorte, pendant ce temps Christa-Maria endure un drame secret.
De secret il en sera beaucoup question, notamment ceux que surprend Gerd Wiesler .Il va vivre par procuration, l’existence de Christa-Maria et Georg, partageant les moindres détails , leurs rapports tendres et passionnés qui l’amènent lui à recourir dans sa solitude au bon office d’une prostitué étatisée. Et la chaude ambiance du cercle d’amis, lui qui ne connait que méfiance et encore et toujours la solitude..si l’on excepte la prise de contact pour remettre ses rapports .
Les rapports qui pourraient rapidement accabler le couple, mais que curieusement Wiesler va lisser, passant sous silence des faits marquants. Il vient un d’être lui aussi touché par la grace de Christa-Maria mais également de découvrir que le parti avait bien souvent la facheuse habitude de servir les interets des hauts personnages..ho la révélation est discrète mais bien présente même si pour autant on n’oublie pas des réflexes milles fois ressassés.
Ce film très justement récompensé est à voir, absolument tant il bénéficie d’un scénario solide avec son lot de retournements qui vous tient en haleine tout en vous attachant à la psychologie des personnages. C’est aussi un témoignage habile car jamais pesant sur une époque, les lieux et l’ambiance étonnamment grisâtre comme ces temps sombres..Une période et là j’aimerais pouvoir dire à jamais révolue…mais si la RDA est aujourd’hui affranchie..qu’en est il ailleurs..voire ce démon ne dors-il pas sur le seuil de nos nations..bon là je m’égare..et gare aux RG..non je plaisante!!
En conclusion j’ai passé deux heures formidables, sachant au mot fin que ce film resterait gravé dans ma mémoire…et deux jours après il l’est ..intact .
Pour un premier long métrage ..quel coup de Maitre..bravo!
Quand à la distribution ,à l’image d’Ulrich Muhe personnage de l’ombre omniprésent, le plus souvent le casque sur les oreilles, elle est impériale car toujours juste, un régal.
En route pour l’Oscar du meilleur film étranger aux Oscars 2007 ?..Moi je vote pour !!!

Site officiel Allemagne France Usa
CommeAuCinema.Com “..Que dire de La vie des autres (qui rafle tous les prix sur son passage, de Londres à Munich en passant par Vancouver et Varsovie), si ce n’est que c’est un chef d’oeuvre?..”
Excessif.Com “..remarquable fiction qui met en lumière les conflits politico-historiques de l’Allemagne de lEst jusqu’à la Chute du mur de Berlin…”
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4 thoughts on “LA VIE DES AUTRES – Das Leben Der Anderen (All.)

  1. La vie des autres….Vu avec beaucoup de retard hier soir, je dois dire que j’ai été pronfondément émue! Je m’attendais à voir un film assez austère dans sa forme, car faire un film sur le fonctionnement de la police est-allemande avant la chute du mur de Berlin sans tomber dans le poncif gris et ennuyeux etait un tour de force. Mais Florian Henckel Von Donnersmarck (ouf!!), l’a magistralement évité afin de nous faire entrer de plein pied dans ce mélodrame politique très plaisant! L’étude psychologique des divers personnages y est très détaillée, l’environnement de peur diffuse générée par une police à l’affut du moindre faits et gestes de ses concitoyens y est distillée d’une façon fine et rusée nous mettant d’ailleurs vite mal à l’aise. Un metteur en scène de théatre en vue, est donc mis sous surveillance visuelle et sonore par un ministre de la culture qui à des “vues” pas très artistiques sur sa compagne, actrice connue. Le policier nommé pour cette “surveillance” vas vite se prendre d’intêret pour ce couple qui , sans le savoir,va lui ouvrir les yeux sur le bien-fondé de cette mission, et sur son rôle même de flic dans cette supposé société dite”socialiste” ou les intêrets personnels de quelques apparatchiks perchés au sommet d’un pouvoir de plus en plus carnavalesque passe bien avant le respect de la liberté, du bien-être et du développement du pays dont ils ont la charge!Jusqu’à la fin, émouvante et pleine d’humanité.

  2. La Vie des autres c’est en quelque sorte la notre vue par les yeux et surtout entendue par les oreilles de la Stasi, la police d’état qui était à la RDA ce que le KGB était à l’URSS (et ce que sont encore un peu les RG à notre France bien-aimée pour rebondir sur l’actualité …).Henckel von Donnersmarck aurait pu situer son film dans les années 50 ou 60, à un chapitre précédent et révolu de notre histoire.Mais l’intrigue est datée de … 1984, juste avant l’arrivée de Gorbatchev à Moscou et la chute du Mur à Berlin : ce n’est finalement que la page précédente dans le grand livre. Presque aujourd’hui, peut-être demain.Comme s’il fallait nous rappeler que la transformation du siège central de la Stasi en musée d’archives n’est pas la garantie que le spectre de Big Brother s’est bien éloigné pour toujours.La référence n’est sûrement pas fortuite, puisque 1984, c’est aussi l’année du roman de G. Orwell.Le film démarre lentement mais c’est pour mieux nous immerger dans l’ambiance lugubre des couloirs grisâtres de la Stasi et des rues désertes de Berlin Est.Puis l’intrigue se noue à partir de trois fois rien et sous cette histoire d’écoutes téléphoniques et de fiches policières, se découvre alors une très très belle histoire d’amour.Une belle histoire d’amour où une actrice de théâtre (que l’on connaîtra à peine) se retrouve au centre de la vie de trois hommes différents, mais une histoire désespérée : que pouvait-on espérer sous un tel régime ?Au-delà du contexte politique de l’époque, il semble bien que les hommes, même équipés d’écouteurs et de micros, n’arrivent guère à franchir les “murs” qui les séparent et à communiquer entre eux (Brecht est d’ailleurs cité dans le film).

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