Les Promesses de l’Ombre – de David Cronenberg

LES PROMESSES DE L’OMBRE
Un film de David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl
Titre original : EASTERN PROMISES (Etats-Unis)

Bouleversée par la mort d’une jeune fille qu’elle aidait à accoucher, Anna (Naomi Watts) tente de retrouver la famille du nouveau-né en s’aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l’ouvrage qu’elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon (Armin Mueller-Stahl). Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu’elle possède va lui attirer de sérieux problèmes…

Pour Nikolai (Viggo Mortensen), chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l’Est, c’est le début d’une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill (Vincent Cassel), prêts à tout pour récupérer le journal, et l’innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d’un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville…

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Mafia russe in London ! Oui pour ce polar qui n’en est pas vraiment un ! Oui pour ce Thriller mais là encore ce n’est pas tout à fait cela !
Alors quoi, un film d’ambiance, disons un mélange de tout cela, des mafieux et leurs hommes de main. En l’occurrence une famille et son homme à tout faire Nikolai , nettoyeur de première, magistralement interprété par Viggo Mortensen , personnage froid et que l’on sent solide et dur comme un roc. Il est au service de Semyon (Armin Mueller-Stahl) restaurateur et clé de voute de cette mafia locale et veille aussi sur le fils de son patron, Kirill (Vincent Cassel), demi-sel qui mène une vie de débauche et que son propre père n’hésite pas à corriger violemment.
Nous voila donc avec un scénario habile et surtout servi par un quatuor d’acteurs remarquables, eux-mêmes idéalement secondés. Inquiétant sans être antipathique Viggo Mortensen . La mèche blonde qui lui retombe sur les yeux un Vincent Cassel habité et ….déchiré, des allures de petite frappe qui laisse filtrer une fragilité déconcertante. Armin Mueller-Stahl en chef paternaliste est certainement le plus reptile de tous.
Le suspense avec l’irruption d’ Anna (Naomi Watts) et les révélations que semble détenir ce fameux petit carnet et nos personnages vont se croiser, se défier, tenter de s’impressionner. …mais qui est vraiment qui ? Qui mène réellement la danse.. Semyon et son fidèle chauffeur.. ?
Voila donc un film agréable, dépaysant, Londres mais surtout ses mafieux russes, tatoués aux codes semblables à ceux des triades chinoises, ou des clans siciliens. Ho je n’irai pas jusqu’à comparer ce cinéma-ci à celui de Coppola. Non simplement un film agréable bien qu’assez brutal et direct, une violence réaliste qui peut indisposer. Un suspense rondement mené jusqu’à la dernière minute.

Site officiel- Version Fr ou Version US
Excessif.Com “…”..Tout converge vers une scène finale d’une poignante simplicité où les personnages réclament une part d’humanité perdue. ..”
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4 thoughts on “Les Promesses de l’Ombre – de David Cronenberg

  1. Pour ma part, je compare ce film à Coppola.On y retrouve tous les ingrédients de la figure d’un “Parrain” russe, avec en plus une profonde réflexion sur la part obscure de l’homme, et le respect des règles du clan.Ma critique

  2. @ Ma Critique : Oui c’est un bon film mafieux..mais son souvenir s’estompe déjà dans ma mémoire..alors que la trilogie du Parrain y est à jamais gravée.@+

  3. J’attendais ces « Promesses de l’Ombre » avec une effervescence et une impatience non dissimulées car l’offre était alléchante. En premier lieu, le réalisateur lui-même, auteur d’un des films qui m’a le plus marqué quand j’étais plus jeune, à savoir : La Mouche ou quand le gore et l’intelligence se rencontre. Puis le sujet lui-même, l’univers captivant et quasi primitif des mafias, ici en l’occurrence de la très peu connue mafia russe. Et enfin, l’alléchant casting composé du très séduisant Viggo Mortensen, l’inoubliable et irremplaçable Aragorn de Tolkien, la délicieuse blonde Naomi Watts que j’avais découverte dans Mulholand Drive de Lynch et adoré dans 21 grammes d’Inárritu et Vincent Cassel dont je suit la carrière avec plus ou moins de bonheur depuis La Haine et que j’avais trouvé époustouflant dans Sur mes lèvres d’Audiard et Irréversible de Noé. La logique aurait donc voulu que le résultat soit à la hauteur de tous ces efforts, malheureusement et à mon plus grand regret, la mayonnaise ne prend pas ! D’abord le scénario. Où veut en venir David Cronenberg avec cette histoire de bébé orphelin, né deux jours avant Noël (métaphore bien trop énorme pour faire vrais !) d’une jeune mère de 14ans,droguée et prostituée qui meurt en couche en ne laissant comme ultime témoignage du calvaire qu’à été sa pauvre vie qu’un petit journal intime écris en russe ou elle dénonce sans ambiguïté, l’identité de ses tortionnaires, ne laissant pas d’autre choix à la sage-femme qui l’a accouchée et qui à trouvé son journal que de partir à la recherche de sa famille et qui vas, de ce fait, découvrir que cette jeune fille appartenait à un gang de mafiosis russes et faire basculer le récit dans un vulgaire film de gangsters ? Les ficelles sont bien trop visibles pour y croire une seconde (je ne suis pas une experte des us et coutumes mafiosis, mais je pense, sans trop me tromper, que dans la réalité cette pauvre fille n’aurait jamais atteint la porte des urgences et qu’elle serait depuis longtemps déjà, au vu de son état de future mère à six pieds sous terre !!) et Naomi Watts en sage-femme d’origine russe (le hasard faisant bien les choses !) pleine de bons sentiments, qui essaye de retrouver la famille du bébé et aussi peu crédible dans ce rôle qu’aurait pu l’être une actrice chinoise dans le rôle de Jeanne d’Arc ! Elle récite son texte d’une manière automatique, sans croire une seconde à ce qu’elle raconte, ni à ce qu’elle est en train de vivre ! Elle est d’une fadeur et d’une transparence tellement incongru ici que ça frise le grotesque. Puis il y a Vincent Cassel dans le rôle du fils unique du Boss, prince héritier indigne de son rang à la sexualité refoulée et honteuse, totalement déjanté, impulsif et d’une brutalité sans cesse à vif et comble du ridicule, pour faire « vrais » tout en sonnant affreusement faux, il s’est affublé d’un accent anglais à consonance russe qui doit se faire mourir de rire n’importe quel moscovite expatrié à Londres, gangsters ou pas ! tentant désespérément de nous faire croire, avec force grandiloquence, à la folie meurtrière de son personnage mais qui n’arrive pas à la cheville d’un Joe Pesci dans Les Affranchis ou dans Casino !Quelle déception ! Arrive ensuite Armin Mueller-Stahl (dont c’est la première prestation que je voit ) , dans le rôle du « Parrain » planqué derrière la façade anonyme d’un affable patron de restaurant folklorique russe, grand père protecteur et paternel. Que dire ? sinon qu’on y crois pas une seconde ! Il ne possède ni la puissante présence d’un Brando dans « Le Parrain » ni l’élégante et majestueuse prestance d’un Gabin dans « Le Clan des Sicilien ». Il n’y a rien dans sa tenue ou dans son regard qui impose la peur et le respect inhérent à tous « Parrain » à la tête d’un gang de la mafia. On sent bien qu’il ne ferait pas de mal à une mouche. Même lorsqu’on apprend qu’il est le principal tortionnaire de la jeune mère défunte. Un comble ! La seule grande réussite du film est incontestablement l’ahurissante prestation de Viggo Mortensen, qui est le seul à tenir ses promesses ! Tatoué des pieds à la tête selon la très ancienne tradition russe qui exige que chaque actes de la vie d’un gangsters soit inscrit en lettres d’encre et de sang sur son corps, Viggo Mortensenn est saisissant de réalisme cru. Il est quasi méconnaissable sous les traits de ce chauffeur, homme à tout faire et tueur officiel du Boss et de son fils. Il insuffle un rythme tout à fait inédit au récit, fait de brutalité étouffée sous la discrétion mais que l’on devine d’autant plus cruelle et d’une douceur empreinte de mélancolie d’un homme qui se sait perdu dans les méandres de ses crimes passés et à venir et qui sait depuis longtemps qu’il n’a aucuns autre choix de vie ! Je nuance tout de même mes propos concernant la mise en scène du film. Comme dans le diptyque Election 1 et 2 de Johnnie To, il n’y a pas de flingues dans ce film de gangsters, comme si la violence, pour être crédible et marquer les esprits doit se faire à mains nues et les quatre grandes scènes de violence du film sont pour cela assez bien réussies, sans parler de la scène du hammam, absolument irréelle et monstrueuse ! Une fois de plus, après « History of Violence » David Cronenberg à voulu nous faire part de ses trois sujets de prédilection favoris qui sont la quête d’identité inhérente à tout un chacun, les liens familiaux que l’on cherche à sauvegarder envers et contre tout et notre rapport à la violence qui peut ce traduire d’innombrable façon : voyeurisme, attraction morbide, fascination, sexualité ambiguë, dictature du plus fort sur le plus faible, et c’est vraiment dommage que le film s’éloigne de son sujet et de ses personnages à ce point malgré un savoir faire indéniable ! David Cronenberg avait vraiment tout en main pour hisser son film au panthéon des films cultes, rayon film de gangsters ! Il a loupé le coche, j’en pleure encore tant ces Promesses-là étaient grandes !

  4. @ zem : “la mouche” amateur alors de récit fantastique, j’avais adoré cette nouvelle avant de la voir mise en scène..mais je ne suis pas certain que ce soit au ciné..cela me fait remonter loin dans mes souvenirs et à l’époque je fréquentais moins assidument les salles obscures. Et la tv était encore supportable notamment avec ce fameux ciné-club de minuit..peut-être est-ce là que je l’ai vu..? un vague souvenir, mais reste comme un frisson ;o) je le reverrais avec plaisir !

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