L’Un Contre L’Autre – Un film de Jan Bonny – Allemagne

L’Un Contre L’Autre

Titre original : GEGENüBER (Allemagne)
Un film de Jan Bonny avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmansdorff, Wotan Wilke Möhring

Synopsis
Toujours calme et réfléchi, Georg (Matthias Brandt )est un policier apprécié par tous ses collègues. Son partenaire Michael, plus jeune que lui, admire aussi Georg pour l’harmonie qui règne apparemment dans le couple qu’il forme avec Anne(Victoria Trauttmansdorff), une séduisante institutrice.
Mais alors que Georg monte en grade, le voilà qui perd toujours davantage le contrôle sur la façade soigneusement entretenue de sa vie de famille «intacte». Peu à peu, les conflits qui rythment l’existence d’Anne et de Georg depuis des années filtrent vers l’extérieur: le combat désespéré d’Anne pour être reconnue, et les traces des violences conjugales, désormais impossibles à dissimuler…
Sous le sapin de Noël, la tragédie s’amorce – «Mais c’est pas un drame, Anne!» – Si, c’en est un

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Noir c’est noir. Ou quand la routine, les petits riens de la vie d’un couple dépassent les petites vexations, brimades occasionnelles pour s’ouvrir vers l’enfer quotidien. Le film le plus sombre, le plus amer qu’il m’ait été donné à voir ces derniers temps. J’en garde un gout bizarre en bouche, bon sang je n’étais pas, mais alors pas du tout avachi dans mon fauteuil, je remuais plutôt des fesses mal à l’aise, crispais les poings et je ne suis pas certain que mon regard n’ait pas fuit l’écran l’espace de deux ou trois secondes.
Terrible sentiment de me sentir piégé entre l’hystérie tout au moins la névrose de l’épouse et cette impassibilité, faite d’un mélange de peur, d’immobilisme du mari, une paralysie étouffante. Aux cris répond le silence, et celui-ci attise la haine, le mot est il trop fort sans doute, mais les coups pleuvent.
Nous sommes Dimanche, j’ai vu ce film Samedi et il continue de me hanter. Cette chronique d’un amour révolu, l’est il vraiment, qu’en subsiste-il ? Non la peur d’un coté alliée à la faiblesse, la honte et la jalousie de l’autre crée un mélange explosif. Ici il n’y a pas les mots pour le dire, à peine un « ce n’est pas grave » qui agit plutôt comme une goutte d’huile sur le feu.
Voila un film terrible et je pèse le mot, non l’inversion de ce qui est le plus fréquent femme battue, homme bourreau n’explique pas ce gros, cet immense malaise. Mais cette situation va crescendo, dépasse l’intimité, les murs même du foyer, là où nos deux personnages perdent totalement le contrôle, l’on voudrait crier stop ! Arrêtez les frais, séparez-vous, reprenez un semblant de contrôle au moins, mais nous sentons bien qu’un point a été franchi, quelle sera l’issue !
J’ai entendu des réactions du style, je schématise » too Much », « impossible » et pourtant même en réduisant l’allure ce film et son sujet resteront comme un stupéfiant et douloureux constat.
Sillonnez le web, les avis sur ce film sont multiples, les différentes facettes des deux « héros d’une infortunée histoire d’ »a /non /mour « usée, sources de nombre de commentaires.
Pour son premier film, Jan Bonny ose s’aventurer sur un terrain difficile et s’en sort haut la main, mais il nous tend aussi un miroir et une échelle graduée, où nous situons nous sur celle-ci?
Un premier essai de maitre !
Voilou sinon un film qui m’a plombé mon weekend, si, si je n’exagère pas, mais je l’ai vu et avec le recul je sais maintenant qu’il me fallait le voir.
Maintenant vous voila prévenu, j’espère que les commentaires seront nombreux, l’œuvre le merite amplement.
La prestation des deux interprètes participe également à l’atmosphère générale, Victoria Trauttmansdorff laissant filtrer une imperceptible fêlure , Matthias Brandt en gros nounours surpassé!
Critikat.Com “..Lors d’un repas, les enfants ulcérés, qui ont pris bien soin de s’extirper du foyer dès que possible, verbalisent cela de la plus simple des manières : « tu parles comme papy » lâchent-ils à leur mère…”
Excessif.Com “..S’il peut légitimement laisser perplexe ceux qui préfèrent un cinéma plus confortable, plus démonstratif surlignant ses effets, ce bloc de cinéma-là demeure pourtant vertigineux pour peu que l’on aime suivre jusqu’au bout les parcours de personnages cabossés, pris dans un tourbillon qui les (et nous) dépasse…”
CommeAuCinema.Com “..génération de cinéastes germaniques, proche du naturalisme, sans aucun artifice, Jan Bonny scrute les mécanismes ..”
Arte.Fr “Un autre secret derrière la porte, celle de l’appartement d’un couple allemand apparemment modèle. ….la thématique d’une apocalypse conjugale, entre sentiments réels ou tenaces et accès de rage…”

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5 thoughts on “L’Un Contre L’Autre – Un film de Jan Bonny – Allemagne

  1. Je pense que ça doit refléter une réalité. Ce qui m’a le plus impressionnée c’est que tout se passe sans cri et sans bruit… si bien que, c’est sûr, les voisins n’entendent rien !Mais j’ai trouvé le film d’une laideur repoussante visuellement. J’en ai plus qu’assez de ces “pellicules sales” et de ces histoires filmées l’hiver en bord de périph pour encore accentuer la misère… alors qu’il est flic et elle instit, ils doivent tourner aux alentours de 3 000 euros par mois non ??? Alors pourquoi nous les présenter comme des indigents, mal logés, mal habillés etc ???Bon enfin, bref, la cerise sur le gâteau est la conclusion, l’épilogue, la morale !!! Nauséabonde !Le film sur la réalité de l’homme battu reste à faire selon moi !

  2. @ pascale : “..une laideur repoussante visuellement..”, je ne sais pas, mais peut-etre un restant de l’esthétique post-RDA . Une marque sombre et grisâtre, gris-vert pour être plus exact, un peu comme les uniformes des policiers en tout début de film.Maintenant je ne suis pas certain qu’il y ait une fin et donc un épilogue, ainsi qu’une quelconque morale..Que deviendra ce couple…l’espace reste ouvert mais les dégâts sont irréversibles je crois !Un film dur, très dur que j’ai eu un mal fou à encaisser. Tu as raison de souligner ce “sans bruit et sans cris” le silence est pire que tout !

  3. Dégâts irréversibles c’est incontestable.On ne peut pas nier qu’à la toute fin, il y a “échange” et qu’ils ont l’air apaisés. En tout cas c’est ce que j’ai vu.Quant à l’esthétique post RDA… autant je la trouve justifiée parfois autant ici elle m’est apparue comme un effet apppuyé.

  4. Ce film sous haute tension, nous entraîne en apnée, dans une plongée sombre et troublante, dans l’enfer de la violence domestique et des diverses névroses conjugales, car lorsque « Amour » rime avec « Coups », on n’est pas loin de la tragédie et du drame. «L’Un contre l’Autre», premier long d’un jeune réalisateur Allemand de 28 ans, Jan Bonny, nous interpelle sur un sujet complexe et douloureux, intime et sulfureux, celui des hommes battus par leur femme. Avec une audace, une maturité et une maîtrise confondante, Jan Bonny nous dépeint l’histoire d’un couple des plus ordinaires, Ann et Georg, la quarantaine bien enclenchée, tous les deux petits fonctionnaires d’état (elle institutrice, et lui policier), à la vie bien réglée mais aussi gaie qu’une porte de prison et parents de deux grands enfants étudiants à la fac. Ce couple tout à fait ordinaire en apparence, vit en fait un véritable calvaire. Ann souffrant visiblement d’un manque de reconnaissance de son entourage professionnel et familial et d’une sensation de plus en plus forte d’avoir raté sa vie, a pris l’habitude de passer ses nerfs en cognant Georg…qui se laisse faire. Le dégoût qu’elle a d’elle-même et de son existence morne et sans surprise, l’amène à éprouver un dégout de plus en plus vif pour celui qui partage sa vie, car pour Ann, Georg est le reflet physique de cet échec cuisant et elle n’a trouvé que la violence physique, mais aussi verbale, pour extérioriser son mal-être.Cet autopsie d’un couple en crise est une véritable réussite, car au-delà de l’aspect témoignage d’un fait de société passé sous silence, c’est aussi un formidable portrait d’un couple qui se sait malade, mais qui ne veut pas trouver de remède à sa maladie, car Ann et Georg se complaise indéniablement dans ce jeux macabre à la limite du sado-masochisme. Georg à décidé de supporter dans son corps les coups de plus en plus violent d’Ann, par amour sûrement mais aussi par faiblesse pour ne pas a avoir a affronter en face la dérive et l’échec inéluctable de leur histoire commune. C’est donc aussi le portrait tendre et émouvant de la détresse muette d’un homme battu et humilié qui passe son temps à dire à son épouse en furie « ce n’est pas un drame… ». Étrange paradoxe de la part de cet homme qui par ailleurs, dans sa fonction de policier, peut faire preuve d’un courage et d’un sang froid au-dessus de la moyenne. Matthias Brandt et Victoria Trauttmansdorff, les deux acteurs principaux, défendent avec conviction et talent leurs rôles respectifs. Ils ont su intégrer dans leur jeu tout le désespoir des personnages est rendrent certaines scènes de violence brutes assez difficiles à supporter.Ce film pas banal est une véritable oeuvre sociologique, acérée et agressive. Le récit ne s’attarde jamais dans l’indulgence ou la complaisance mais ose traiter crûment d’un sujet particulièrement tabou, et à l’instar du film Darling de Christine Carrère on est sans cesse en train de se poser les questions : Jusqu’ou est-on prêt à aller par amour ? Qu’est-ce que nous sommes prêt à endurer d’une personne que l’on aime ? Quand et comment un couple en arrive à s’entre-déchirer jusqu’au point de non-retour ? Ce film nous pose toutes ces questions et bien d’autre encore ! Le réalisateur lui-même se garde d’ailleurs bien de nous trouver une quelconque réponse dans un sens comme dans l’autre et le scénario navigue sans cesse entre la lâcheté de l’un et la folie de l’autre. C’est un premier film éblouissant et terrible dans son art de nous plonger dans l’horreur sans le moindre effet de surenchère visuel grâce à une mise en scène des plus discrète. C’est aussi une œuvre qui travaille son public comme un boxeur martèle son putching ball, le laissant groggy, essoufflé et des bourdonnements plein la tête. C’est sans aucuns doutes éprouvant mais aussi terriblement fascinant !

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