Cendres et Sang – De Fanny Ardant

Cendres et Sang
Un film de Fanny Ardant

Avec Ronit Elkabetz, Marc Ruchmann, Abraham Belaga, Claire Bouanich, Olga Tudorache …

Synopsis

Exilée de son pays, depuis l’assassinat de son mari dix ans plus tôt, Judith vit à Marseille avec ses trois enfants. Après avoir refusé pendant des années de revoir sa famille, Judith, malgré ses craintes et ses secrets, se laisse fléchir par le désir de ses enfants et accepte l’invitation au mariage de leur cousine. Ils partent passer un été au pays, à la découverte de leurs racines et de leur histoire. Mais le retour de Judith ravive les vieilles haines entre clans rivaux. Inexorablement, l’engrenage de la violence se met en marche, le sang appelant le sang…

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Passons rapidement sur l’introduction marseillaise et retrouvons nous dans l’est de l’Europe !
Dans une campagne flamboyante gorgée de ton or et ocres, d’une terre légère et lourde à la fois, que l’on peut saisir à pleine main. C’est finalement cela entre autre qui manquait à Judith, regard intense, fière et brune, magnifiquement interprété par Ronit Elkabetz…Et là impossible de ne pas établir un parallèle avec la réalisatrice elle-même ! Deux femmes au regard noir mais malicieux, petillant presque arrogant, une arrogance compensée, effacée par un léger sourire de coin et des yeux soudain rieurs !


Oui pour son premier film Fanny Ardant ne s’expose pas mais s’impose dans des choix bien particuliers. Jamais elle ne cède à la facilité, aidée par une photo de grande qualité elle profite du décor naturel qu’offre cette nature, forets et pâturages, puis ces demeures imposantes, chacune appartenant à l’une ou l’autre des deux familles. Et dans ces somptueux écrins couvent la haine, le reproche, toutes ces choses que jamais on ne pardonne, et que l’on aimerait laver encore une fois dans le sang. Fierté et honneur survolté. Pour les jeunes marseillais se plier aux mœurs locales peut s’avérer rude d’autant plus que coule en eux ce fameux sang Slave ! Ha ces images échappées d’un Kusturica ou plus proches encore celle de l’errance d’Asia Argento dans Transylviana de Tony Gatlif.
Parmi les chevaux, et les loups se tissent une histoire, pas vraiment une légende, un drame oui ! Réplique tellurique d’un séisme qui frappa deux familles et subitement les choses deviennent floues alors que le drame approche, en deux temps terrible !
Oui Fanny Ardant opte pour un pari difficile. réussi sur bien des points. Beauté des images, inventivité remarquable, voir le buffet du mariage, avant les agapes, dressé puis après, jamais pendant , alors que seuls les chiens et quelques gallinacées se disputent les reliefs. De même ici ce sont le hommes qui ouvrent la danse formant un étrange ballet aux pas appliqués !
Ces scènes figurent parmi les tableaux qui ornent cette tragédie et jusqu’à l’image de fin, terrible, désarmante, le paroxysme de la comédie..Ici presque Del Arte ! D’une femme, ou du moins ce qu’il en reste anéantie, à l’esprit certainement brisé !
Voilou une première derrière la caméra, on peut aimer ou détester, ne surtout pas rester indifférent !
Moi, vous l’aurez compris actrice et réalisatrice m’emballent…Et puis elles ont toutes deux ce petit quelque chose dans la voix..Juste un peu rauque et sensuelle !

Le Site officiel – Cendres et Sang

àVoir-àLire.Com “..Plongeant sa caméra dans une société repliée sur elle-même, dominée par des traditions ancestrales basées sur l’honneur et le respect de la famille, Fanny Ardant entremêle les fils de son intrigue familiale avec suffisamment de talent pour emporter l’adhésion. Elle est soutenue dans son entreprise par l’interprétation savoureuse de la splendide Ronit Elkabetz et par une jolie photographie qui sait mettre en valeur les paysages ruraux. Certes, l’histoire a un sérieux air de déjà-vu, mais l’ensemble fait preuve de quelques fulgurances poétiques du meilleur effet (les séquences avec les chevaux ou encore la magnifique fin avec les loups) qui compensent les maladresses de la mise en scène. Sans être impérissable, Cendres et sang a le mérite de nous faire découvrir la sensibilité à fleur de peau d’une artiste décidément toujours aussi insaisissable. Curieux et attachant…”
Le Monde.Fr“Cendres et sang” : la vendetta selon Fanny Ardant

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