La Dame de trèfle – De Jérôme Bonnell

La Dame de trèfle
De Jérôme Bonnell

Avec Malik Zidi (Aurélien), Florence Loiret Caille (Argine), Jean-Pierre Darroussin (Simon), Marc Barbé (Loïc), Nathalie Boutefeu (Judith Novitch), Marc Citti (Pujol)…

Synopsis

Aurélien et Argine n’ont jamais réussi à se quitter. Frère et soeur, ils vivent ensemble depuis toujours. Aurélien arrondit secrètement leurs fins de mois en fourguant du métal volé. Argine n’y voit que du feu. Une nuit, survient Simon, complice d’Aurélien. Traqué par la police, il réclame de l’argent et se révèle vite menaçant. Pour Aurélien c’est l’engrenage. Ou la rencontre avec sa propre violence.

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La Dame de trèfle

Une petite ville de province, un peu à l’écart en pleine campagne, dans une vaste maison isolée vivent Aurélien (Malik Zidi) et sa sœur Argine (Florence Loiret-Caille) . Le jour il est fleuriste, elle , glande dans la baraque chantonnant ou ressassant des éternelles phrases d’anglais tirées d’une quelconque méthode genre Assimil !
La nuit, les soirées s’enchainent au bistrot local, Argine picole pas mal, semble fille facile et fantasque, Aurélien vielle ou s’absente, assurer un revenu supplémentaire en refourguant des métaux volés. Quand le receleur qu’il est, se trouve pressé par son fournisseur, Simon (Jean-Pierre Darroussin) de vendre vite suite à un coup foireux. La mécanique s’enraye. Simon est dangereux et tout s’emballe, tourne mal…
Que l’on suive les routes sombres où seuls les phares illuminent la nuit, que l’on emprunte les rues mal éclairées du bourg où le bistrot clignote comme un phare dans la nuit. Escale le temps d’un verre, d’un semblant de chaleur teintée de désespérance. Que comme Argine on rentre à la fermeture quasi défaite, où que comme Aurélien on avale les kilomètres pour trouver une solution avant de finalement s’enfoncer d’avantage.
Que comme l’une insouciante, inconstante mais finalement peut-être pas si dénuée de ressources, que comme l’un jusqu’à lors forteresse pour lui et sa sœur, tout d’un coup ébranlé, taraudé par l’angoisse et le doute, les positions doucement s’inversent !
Mais toujours l’un réconforte l’autre, et vice versa, sans un grand mot, par sa présence, une aura corporelle fraternelle quasi incestueuse, là dans cette grande maison, perdue dans la nature.
Jérôme Bonnell réalise un film qui tient dans un mouchoir, un bourg, un frère et sa sœur, quelques personnages autour, l’amant occasionnel de la frangine, la femme rencontrée par le frangin, un petit truand Jean-Pierre Darroussin (assez inquiétant donc réussi) , la population réduite mais bruyante du bars de nuit, les demis qui se suivent, le groupe rock qui anime la soirée et l’inévitable accrochage, baston vite interrompue ! Dans cette semi pénombre un roman noir se déroule, sans excès, par malheur et imprudence presque. Dans cette tragédie presque silencieuse qui va se jouer, frère et sœur vont inverser les rôles, et chacun de s’offrir une liberté nouvelle, une indépendance vis-à-vis de l’autre…
Ne conquiert on pas sa liberté dans la souffrance et les larmes ? Comme une réaction à un traumatisme parfois nécessaire ?
Voila un bien bel ouvrage, toujours vacillant, sur le fil du rasoir, et puis c’est beau la nuit, quand à l’interprétation Florence Loiret-Caille, « La dame de trèfle » illumine son personnage de différents aspects, gamine un peu foffole, ou jeune femme secrètement torturée, voir l’avortement, puis femme déterminée. ..voir la fin…et c’est elle qui cette fois assure pour Aurélien (Malik Zidi avare de mots tout en sentiment rentré, angoisse, peur, culpabilité restitué avec justesse ! ha ce regard vers celle qu’il vient de decouvrir mais envers qui il ne peut s’engager !), juste retour des choses quand celui-ci vidé s’écroule !
Ne leur restera plus qu’à pousser quelques portes !
Excessif.Com “…Avec sa dame de trèfle, Jérôme Bonnell s’inscrit dans une tradition de cinéma d’auteur français qui respire par ses personnages et relègue l’action au second plan. Peuplé de gens plus ou moins borderline – le gangster impulsif, le quinquagénaire alcoolique, la divorcée exilée – et situé dans le cadre « glauquissime » d’un petit village de province rythmé par les rendez-vous quotidiens au bar du coin, l’histoire flirte avec le film noir et le drame familial…”
CritiKat.Com “…Comme dans ses précédents films, Bonnell plante le décor : la province pas très glorieuse, napée pourtant d’une attachante mélancolie. Des bars un peu miteux où traînent quelques piliers au cœur gros, aux maisons trop grandes pour contenir le vide de vies déboussolées, tout semble dénudé, dépouillé de tout charme et tout artifice. Ici, le genre (le polar, donc) détermine le choix de codes visuels qui, d’emblée, plongent le film dans une ambiance attendue…”
Evene.Fr “…Cinéaste portraitiste, presque naturaliste, Jérôme Bonnell offre avec ‘La Dame de trèfle’ un film en clair-obscur. Un genre nouveau, qui utilise les intrigues policières des films noirs comme alibi pour mieux dépeindre des personnages sur le fil…”

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