White Lightnin’ – De Dominic Murphy (Royaume-Uni)

White Lightnin’
(Royaume-Uni)
Réalisation De
Dominic Murphy

Avec Edward Hogg (Jesco White), Carrie Fisher (Cilla), Kirk Bovill (Long), Stephanie Astalos-Jones (Birty Mae White), Owen Campbell (Jesco jeune), Muse Watson (D. Ray White)

20e Festival du film britannique de Dinard – White Lightnin’ de Dominic Murphy Prix du Hitchcock d’or !

Résumé

Au coeur des montagnes Appalaches, en Virginie Occidentale, où tout homme possède une arme et de quoi distiller de l’alcool de contrebande, vit une légende : Jesco White.
De sa jeunesse trempée dans les effluves d’essence en passant par de nombreux séjours en maison de redressement ou en hôpital psychiatrique, la vie tumultueuse et incandescente de Jesco se consumait dangereusement.Pour le sauver, son père tente de lui apprendre au moins une chose dans la vie : la danse ou plutôt une version frénétique de claquettes sur de la musique country.
Propulsé sur le devant de la scène, applaudi aux quatre coins du pays, Jesco goûte à la vie et tombe amoureux.
Mais, obsédé par la vengeance du meurtre son père, il réveille les démons qui sont en lui !

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White Lightnin’
Sombre comme l’image, semi noir et blanc, répondant au peu de clarté dans ses coins reculés de Virginie occidentale, ici l’on vit au pied des bois et des montagnes. On se réunit pour taper du soulier sur des airs de banjo, pas vraiment folichon quand on a six ans et que l’on a gouté à la douce ivresse des vapeurs d’essence et autres produits volatils. On y revient d’ailleurs sans cesse allant jusqu’à dévaliser le petit drugstore local. A plusieurs reprises, et le cycle infernal se met en place, maison de correction, au régime autoritaire, presque militaire pour ne pas dire pénitentiaire. Mais même là la défonce facile traine et quand à force de subir on se venge, inconscient et défoncé, c’est le carnage et la prison pour mineur se transforme en centre psychiatrique, asile de fortune, adieu les sniff de térébenthine vive les cachetons et injections qui vous laissent hagard et achèvent de mettre votre cerveau sens dessus dessous !Ce trajet dans la dégringolade aura pourtant un répit, une courte rémission quand le père soucieux d’occuper son fiston, le voyant sur une pente fatale, lui enseigne l’art du rythme et des claquettes ; oublié pour un temps la défonce facile, les pieds du gamin, puis de l’ado et du jeune adulte batte la tôle avec talent. Juste avant de sombrer à nouveau, plus violemment à chaque fois, les neurones sacrifiés induisent une plus grande fragilité..Quand Jesco ressortira sous la caution de sa mère se sera pour apprendre la mort du père, sauvagement assassiné…s’il n’en laisse rien paraitre l’idée dèjà lui ronge l’esprit, cet organe fragile et chez lui un peu malade..
La providence mettra sur sa route une femme, mature, plus âgée que lui apte à le contrôler en partie, notamment en l’accompagnant sur la route de ses tournées et avec qui il entretient une véritable passion et amoureuse et sexuelle !Mais le terrain est fragile, toujours prêt à déraper..Surtout quand les assassins de son père se manifestent…
White Lightnin’ chacun peut ressentir ce film comme il l’entend, moi j’y vois une pièce musicale, oscillant entre Rhythm’n’blues bien gras, comme la poussière et la boue des pistes, rock’n’roll basique bien arrosé dans les bars où Jesco se produit, une musique de sang bouillonnant sous l’effet des substances absorbés, alcool ou autre excitant.
Un chant de mort, un hurlement de vengeance, sous l’effet d’un shoot d’amphétamines conduisant à l’horreur, partout et encore présente !
White Lightnin’ est le film sombre que le titre n’indique pas, violent avec juste de temps à autre une étincelle de clarté. Deux choses auront mis du baume sur les plaies de Jesco, la musique et l’amour et la chair de Cilla (sublime Carrie Fisher). Dans l’esprit brouillé du gamin qu’est resté cet homme se débattent encore et toujours la notion de bien et mal. Confusion exacerbée par les sempiternels discours bibliques opposant le bien au mal, dieu et le diable..encore une torture pour les esprits fragiles. La réalisation est à ce titre sublime, caméra tutoyant le sommet sombre des montagnes, les passages nuageux portant des messages bibliques où dieu et satan se partagent la vedette…jusqu’à cette fin …apothéose qu’il vous faudra découvrir !
Voici les quelques lignes que je laissais sur un blog ami CinéManiac au sortir du film :
J’ai moi aussi ressenti , revu des images d’ “Antichrist“, les bois sombres et les séquences d’auto- mutilation y sont certainement pour beaucoup ! Sinon oui comment échapper au “Trou du cul ” du monde, sinon en se défonçant selon ses propres moyens, et le benzine c’est pas la panacée, gare aux méninges..quand au système éducatif répressif voir carcéral puis l’internement d’office..finalement il s’en sort au début pas si mal, l’héritage parternel fait son office, sa rencontre avec cette femme généreuse en amour, ils auraient pu continuer longtemps malgré les heurts inévitables..oui mais le diable , “Sympathy for the devil” traine dans cet esprit détraqué par les abus. de rechutes ,en sniff de petroléum en injection de speed et la bête ressurgit…mais bon j’en garde un peu sous le coude pour écrire mon propre post..
Dérengeant mais inevitable dans ces contrées éculées, le mix entre le pur, musique et relations d’infortune entre voisins et l’emprise pesante et culpabilisante de cette foi au premier degré, une spiritualité irrefléchie et noire comme des nuages dévalants les collines et montagnes du coin, annonciateur d’un impossible pardon..
Bon voila quelques mots à chaud…
ha inutile de dire que bien des thémes me parlent, à commencer par la musique, sans etre fan de country celle-ci m’a botté..quand en plus je reconnais le son du “Black Rebel Motorcycle Club

Note du réalisateur : “..Le rock’n’roll de l’homme-orchestre fou qu’est Hasil Adkins est parfait pour le film. On le surnomme le parrain du psychobilly et son influence sur la musique est considérable. Les Cramps ont même fait une reprise de son titre «She Said» qui est dans le film.
Robert du groupe Black Rebel Motorcycle Club est un ami; il m’a laissé utiliser quelques uns de leurs morceaux, comme le très beau titre «Restless Sinner» que l’on peut entendre au générique… “
Le titre du générique Black Rebel Motorcycle ClubRestless Sinner

Excessif.Com “…un style underground et la même caractérisation d’un personnage flingué par la vie partagé entre l’expression et la manière, l’art et la violence. Enfant, adolescent et adulte, Jesco évolue aux antipodes d’une éducation judéo-chrétienne basée sur le bien, le mal, le péché originel et soigne ses pulsions autodestructrices à travers l’art, l’amour et la foi. Dans la dernière partie, une affaire de vengeance poignante le précipite dans le vide et le confronte à ses propres croyances….”
CritiKat.Com “…Trop de trash tue le trash : on finit par s’ennuyer sévère sans comprendre jusqu’où Dominic Murphy veut « aller trop loin ». Au-delà de la seule démonstration, il serait bon d’avoir aussi quelque chose à dire. Dominic Murphy a clairement été hypnotisé par le vrai Jesco White qu’il a rencontré à plusieurs reprises. Car celui-ci est toujours vivant, contrairement à son double diégétique, construit comme une figure sacrificielle mystique, à grands renforts d’iconographie christique (d’un goût douteux vu le vide spirituel du personnage). Murphy ne parvient pas à sortir d’une forme de fascination aussi béate que ridicule. Ce qu’il manque au déballage d’images glauques qu’est White Lightnin, c’est tout simplement un point de vue ! Le détail est de taille…”
Le Monde.Fr – “White Lightnin'” : les hallucinations d’un pantin trépidant

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