La Régate – De Bernard Bellefroid

La Régate

Réalisé par
Bernard Bellefroid

Avec Joffrey Verbruggen (Alex), Thierry Hancisse (Thierry), Sergi López (Sergi), Pénélope Lévêque (Murielle), David Murgia (Pablo), Hervé Sogne (Franco), Stéphanie Blanchoud (Laëtitia)..

Synopsis

Alexandre a 15 ans et vit seul avec son père dans les coups et la violence. Cet été, il travaille comme ré-assortisseur dans le même supermarché que son père. Pour échapper à ce quotidien sans répit, Alexandre va faire de l’aviron sur la Meuse et il n’a qu’une obsession, gagner seul et à tout prix les championnats de Belgique. Au travail, le père est licencié devant Alexandre qui tente en vain de l’aider. Mais cette solidarité ne durera pas. Déjà, la violence entre eux refait surface…Ce sera avec Pablo, avec qui l’entraîneur l’oblige à ramer en bateau double et avec Murielle, la jeune fille dont il a peur, qu’il pourra redécouvrir son humanité, l’amour… Un long et difficile apprentissage. Réapprendre à parler, à aimer, à pleurer. Quand ne jamais pleurer c’est ne jamais vivre.

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La régate

Un affrontement père, fils dans l’aquarium qu’est ce petit deux pièces. Une mère absente nous n’en sauront pas plus, un père massif qui se sent diminué face à son fils et ne trouve que le langage de la violence quand le présent devient trop intense, le silence trop lourd à porter. Peut-on parler de désamour pour autant, non ! D’incommunicabilité, oui certainement.
Dehors alors que confronté ensemble à l’esprit retors d’un gérant de supermarché plutôt ripoux, le patron de l’un et de l’autre pour cette saison d’été, la situation s’envenime.
Un père colérique et brutal Thierry (Thierry Hancisse), un fils un peu taiseux, Alex (Joffrey Verbruggen) mais on le serait à moins, reste à ce dernier sa passion pour l’aviron, un sport complet et d’endurance (aux coups ?). Habilement nous n’assistons quasiment jamais aux brimades infligées, du moins dans un premier temps, juste apercevons nous quelques traces, des séquelles, source également de conflit avec son entraineur Sergi (Sergi López), car dans ces conditions, quand il ne peut se montrer Alex lui fait faux bond.Toute sa hargne, ce regard que l’on devine rentré, ses mâchoires serrées, Alex passe sa rage et brule sa fureur sur ses avirons, son entraineur n’ignore pas son potentiel, seulement quand il s’agit de passer un double l’individu va devoir se socialiser un minimum…
Voila entre autres choses la partie merveilleuse de l’iceberg, un garçon solitaire, l’animal cache ses blessures, contraint de s’ouvrir aux autres et à lui-même par conséquent. Cela commencera par l’affrontement avec son co-équipier désigné Pablo (David Murgia), magnifique séquence d’apprentissage obligé en haute mer. Initiation toujours, à la douceur du corps cette fois dispensé par Murielle (Pénélope Lévêque). Joie et douleur de recevoir aussi.
Un peu comme des vases communicants, l’éclosion du fils engendre le renfermement du père, au chômage donc socialement, et affectivement largué sa violence croit…
Si les murs de l’appartement semblent suinter de violences retenus ou pas, les extérieurs et les bords de la Meuse constituent une renaissance, un apaisement , les embarcations fusent sur l’eau et l’on devine tous les muscles au travail, sans les voir, la force qui ne donne pas de coups.
Deux êtres en souffrance, en mal d’amour, de mots … J’ai mal à mon père en quelque sorte !
Voila encore une fois le cinéma Belge se démarque avec un certain brio, deux acteurs talentueux pour camper un père obtus et un jeune acteur qui s’éveille suivant le script et face à la caméra dirigé par Bernard Bellefroid, le tout entouré d’une jeunesse réconfortante, quand à la bande son Claudine Muno & The Luna Boots, on aime …ou pas . ..lol
Chez Lo “..dans la veine du cinéma réaliste, contemporain et social, avec une véritable dramaturgie..”
Excessif.Com “…Dans La Régate, le très bon côtoie le plus mauvais. Inégal, comme on dit. Mais le cinéaste de 31 ans a tellement de bonnes intentions qu’on peut espérer que sa finesse l’emportera sur des maladresses, trop présentes, ici, pour ne pas alourdir un presque-joli film…”
CritiKat.Com “…Pourtant, lorsque cette violence transparaît à l’écran (puisque tout tourne autour de cela, finalement), il est évident, et la caméra s’en rend bien compte, qu’il n’y a pas de responsable à pointer du doigt, pas d’explication sociologique à avancer, mais des nuances terribles de l’âme humaine à saisir. Il suffit de voir le père, cette brute troublée, dont le comportement – abusif ou non – révèle moins une noirceur d’âme qu’un vide, une lacune, un saisissant manque de maturité et de capacité à s’assumer qui fragilise le fondement de son autorité sur son fils….”
Evene.Fr “…Les personnages louvoient entre honte et culpabilité, espoir et amour. L’esthétisme des images est tout aussi impressionnante, plongeant le spectateur dans le monde lumineux des bords de la Meuse, qui contraste avec les relations très sombres entre père et fils. ‘La Régate’, c’est cette course d’Alexandre avec/contre lui-même. Canalisant son agressivité, il transforme une douleur destructrice en douleur saine et réparatrice à travers le sport. Malheureusement, le récit finit par dériver vers une dynamique bien trop “psychologisante” et prévisible…”
Le Monde.Fr – “La Régate” : frapper son fils pour dire son amour

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