Liberté – De Tony Gatlif

Liberté
Réalisation et scénario De
Tony Gatlif

Musique : Delphine Mantoulet, Tony Gatlif.

Chant « Les Bohémiens » : Catherine Ringer (page myspace de Tony Gatlif)
“Si quelqu’un s’inquiète de notre absence/Dites-lui qu’on a été jetés du ciel et de la lumière/Nous les seigneurs de ce vaste univers.”

Avec Marc Lavoine (Théodore), Marie-Josée Croze (Mademoiselle Lundi), James Thierrée (Taloche), Mathias Laliberté (P’tit Claude), Carlo Brandt (Pierre Pentecôte), Rufus (Fernand), Arben Bajraktaraj (Darko), Georges Babluani (Kako), Iljir Selimoski (Chavo), Kevyn Diana (Zanko), Bojana Panic (Tina), Raisa Bielenberg (Puri Dai), Thomas Baumgartner (Tatane)..

L’HISTOIRE

Une famille de Tziganes arrive aux abords d’un petit village de campagne comme chaque année pour les vendanges. Théodore, le maire, vétérinaire de son état, les prévient des nouvelles dispositions prises par le régime de Vichy : les communautés nomades sont désormais interdites. Se sentant peu concernés par les lois, les Bohémiens continuent de vivre selon leurs coutumes, accompagnés d’un petit orphelin, P’tit Claude qui les a suivis sur la route et qui est bientôt recueilli par Théodore. L’enfant s’est pris d’affection pour Taloche, le bohémien violoniste et rêveur un peu fou. La police, la Gestapo et les collaborationnistes rôdent, jusqu’au jour où la famille tzigane est raflée pour être internée dans un camp de concentration pour les Roms. Théodore, accompagnée de Mlle Lundi, institutrice et résistante, décide alors de céder la vieille maison de pierre de son grand-père aux Bohémiens pour qu’ils échappent à la réglementation des nomades. Mais le besoin de liberté ne connaît pas de frontière ni de mur, le voyage est à leurs yeux inséparable de leur existence.

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Liberté
Un titre sobre et beau. Un hommage aux centaines de milliers de disparus, victimes oubliées d’une « shoah » transposée celle du peuple tsigane !
Si le film s’ouvre sur une image de barbelés, barrière par trop visible et ces murs de planches et ces taches colorés d’un peuple emprisonné, les ailes brisés , la caméra retrouve bien vite la nature et l’espace, les chemins verdoyant et caillouteux où chemine derrière deux roulottes et une carriole, une troupe de tziganes.
Dehors, sur la route, dans les champs, les prés, la Liberté, l’estomac plus souvent dans les talons que rempli mais à la recherche de petits boulots, vendanges ou cueillettes, rétameurs ou et surtout musiciens, la musique comme patrie !Venus dans ce petit bourg pour les vendanges, il leur faut accomplir tout un rituel administratif, carnet de circulation à faire remplir en mairie, un peu comme on soumet un repris de justice libéré au pointage régulier. mais en ces temps obscurs tout a bien changé même leur soit disant ami Pierre Pentecôte (Carlo Brandt ) plus intéressé par leurs chevaux que par leur sort .
Non ils ne doivent compter que sur eux-mêmes cela ils le savent depuis longtemps et sur la participation bienveillante du maire du village Théodore (Marc Lavoine), secondée par l’institutrice Mademoiselle Lundi (Marie-Josée Croze), les deux esprits « Libres» eux aussi dans cette France occupée, soumise à Vichy comme à l’envahisseur.
Dans ce ciel de France si sombre, la petite communauté rayonne cependant, la nature est leur seconde mère, leur maison et bien plus encore, ensemble ils forment une famille, et bien qu’astreint à résidence, tant qu’ils n’ont pour toit que le ciel si possible étoilé …
Tony Gatlif filme à merveille ce (et ceux) qu’il connait si bien. Il a conçu un scénario qui lui tenait à cœur et bénéficie d’une interprétation sans faille avec en prime un super-joker, là au sein des bohémiens un être un peu à part, l’esprit plus léger, quasi inconscient et pourtant, en communion totale avec la vie, la nature, ce qui ne se voit pas…Premier à débusquer le suiveur, ce gamin abandonné qui de loin les piste, lui qui sans question adopte ce nouvel ami. Lui, le violoniste qui entre en transe en pleine nature, devenant le réceptacle du passé. Taloche (James Thierrée) extraordinaire, époustouflant, sous une allure de simplet, un don comme venu du ciel lui vaut l’estime du clan. L’acteur lui a littéralement absorbé son personnage, il faut le voir danser avec la terre presque lui faire l’amour, puis suivre les rails de la douleur et trouver un témoignage dans une montre abandonnée frappée de l’étoile de David, ou bien encore libérer l’eau emprisonnée dans les conduits de salle de bain. Mi enfant, adulte effrayé par ce qu’il est le seul à entrevoir.
Tony Gatlif a réalisé un scénario parfait, puisant ce qu’il pouvait du réel, ainsi du témoignage des deux justes, l’institutrice et le maire, quand à la vie tsigane il connait et profite de celle-ci pour soulager une tension qui pourrait plomber le film, n’hésitant pas à faire jouer l’ orchestre pour un public de poules non pondeuses … les bêcheuses !
Et encore et toujours ce Taloche, immensément libre et attachant, qui précédera dans son destin celui des siens ! Forcément douloureusement, affreusement triste !

Excessif.Com “…Tony Gatlif nous plonge dans l’histoire terrible des déportations de Tziganes sous Pétain. Mais plus qu’une leçon de mémoire, le film invite à penser la liberté aujourd’hui…”
CritiKat.Com “…Une clôture de barbelés, l’hiver. Un alignement de baraques grises et sales, la boue. Derrière les barbelés, une armada de femmes, d’hommes, d’enfants, visages fermés, tristesse indicible. L’imagerie – hélas ! – familière de la Shoah. Sauf qu’ici, ce sont des Tziganes qui se tiennent derrière les barbelés. Entre 250 000 à 500 000 d’entre eux ont péri sous le régime nazi : une imprécision révélatrice de l’absence de recherches historiques sur cette période tragique. En s’emparant de ce sujet, Tony Gatlif était attendu au tournant. Son film est une belle réussite, parce qu’il respire la liberté en touts points. Par sa démarche, d’abord. Après un gros travail de recherche et de nombreuses rencontres, le réalisateur a tissé son scénario en agrégeant plusieurs histoires, plusieurs destins. Le chemin emprunté délaisse la minutieuse reconstitution historique au profit de la captation de l’âme tzigane aux prises avec la tyrannie humaine…”
Le Monde.Fr – “Liberté” : ‘Si quelqu’un s’inquiète de notre absence…’

Recommandé !!! LibertéCinemovies.Fr : Entretien avec Tony Gatlif

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3 thoughts on “Liberté – De Tony Gatlif

  1. J'ai eu la chance de le voir en avant-première en présence de Gatlif et de Lavoine : un très beau moment pour un émouvant témoignage historique qui n'élude que peu la verve colorée du cinéaste.Cependant, là où je suis plus modéré que toi, c'est concernant la comparaison de LIBERTE avec des films comme GADJO DILO ou EXILS. Il leur demeure tout de même inférieur selon moi.

  2. Alors exit l'échelle des valeurs, disons différent et le tour est joué…si tu le veux bien ;o)Mais comme tu le dis si bien "..un émouvant témoignage historique qui n'élude que peu la verve colorée du cinéaste…"

  3. On n'enferme ni la liberté ni James Thiérrée !P.S. : chez moi la rencontre avec Tony Gatlif s'est transformée en meeting politique. Consternant. Du coup, j'en ai même pas parlé !

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