Les Arrivants – De Claudine Bories & Patrice Chagnard

Les Arrivants
France, 2009)
Réalisation De
Claudine Bories & Patrice Chagnard.
Image : Patrice Chagnard.
Son : Pierre Carrasco.
Montage : Stéphanie Goldschmidt.
Musique : Pierre Carrasco.
Production :
Les Films d’Ici, Serge Lalou.
Sortie : 7 avril 2010.

L’HISTOIRE :
Assistantes sociales au sein de la CAFDA (Coordination pour l’accueil des familles demandeuses d’asile), Caroline et Colette reçoivent toute la journée des familles en détresse . Leur mission : accompagner ces familles dans leurs démarches de demande d’asile en France.
Caroline est jeune, impulsive. Colette, plus âgée, est compatissante et bordélique. Face à elles, des familles venues du Sri Lanka, de Mongolie, d’Erythrée et d’ailleurs, demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles, avec ou sans passeport, avec ou sans bagage, dans des charters ou des camions bâchés…
Comment répondre à ce flot débordant de détresses et de besoins ? Le film raconte ce face à face tendu et explosif, émouvant et drôle, où chacun défend son rôle.
Entre les malentendus, les crises de nerfs ou de larmes, ce face-à-face difficile à vivre au quotidien révèle une réalité complexe quant à nos rapports avec les immigrés.

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Les Arrivants
Bonjour, bienvenue, welcome et bien d’autres encore, tant et tant de différents langages, première mission pour l’homme souriant à l’accueil, tenter d’identifier la langue, le pays qui peut être le leur. Cela peut se faire aisément voire avec plus de difficulté comme dans le cas d’un couple arrivant de Chine ou de Mongolie allez savoir. Mission importante car il s’agit de trouver l’interprète adéquat qui interviendra soit par téléphone soit se déplacera. La difficulté heureusement ne laisse pas place à la morosité, très rapidement l’on devine une longue habitude, expérience et surtout une écoute mêlée de respect et d’une certaine douceur.
Ils viennent des quatre coins, et encore s’agissant d’un globe la notion est plus vaste, leur parcours n’est jamais tout à fait le même, leurs raisons bien souvent se rejoignent pourtant : fuir un régime, une condition devenue insoutenable. Pour certains le parcours fut long, parfois effectué dans la plus totale ignorance du lieu de destination, bien que tout cela parfois reste vague.Une fois le premier contact établi, lorsqu’enfin le dialogue peut s’engager, ce sont les deux assistantes sociales de la CAFDA qui prennent en main les dossiers, établissement d’un dossier, avec à la clé le minima, un logement, une chambre d’hôtel que l’on devine vétuste, mais nous ne les verrons pas, la caméra se contient dans les murs de l’office, ruche grouillante dans la journée, tant et tant de problèmes à régler, de solutions à trouver.De susceptibilités à ménager, entre les nerfs parfois à vifs, ceux des Arrivants, et les barrières à affronter, la langue une fois en dehors des murs, la loi ou ce no man’s land juridique, celui de passer six mois sur le territoire , catalogué comme sans papier et donc menacé d’expulsion au moindre contrôle tatillon, avant de voir son dossier passer devant la commission de l’OFPRA(Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui seule décidera du bien fondé de la demande d’asile. A la sortie hélas un bien faible taux de dossiers acceptés, s’ensuit, soit une reconduite au pays d’origine, soit à la frontière du pays ayant effectué la reconnaissance d’origine, pas facile d’y voir clair.
Heureusement le film, oui il s’agit bien d’un « live movie », plus qu’un documentaire, nous allons pénétrer dans l’univers, l’histoire de ces familles en quête d’un chez soi, d’un instant de répit, d’un peu de douceur, voila ce qu’elles demandent et face à elles, Colette dont l’efficacité n’a d’égale que la douceur et une fichue tendance à trop vite épuiser son budget au grand dam de son « Intendant-de chef », mais aussi Caroline la plus jeune, peut-être pas encore assez aguerrie et qui se cache derrière une armure qui la rend agressive, se protège-elle de peur de se faire bouffer toute crue, mais les larmes séchées elle repart au combat. Pour toutes dans le respect d’une certaine équité, apporter aux arrivants, de quoi tenir jusqu’au passage avec Juliette, la juriste qui tapera le rapport, retraçant les faits qui ont conduits ces hommes et femmes jusqu’ici. Ce rapport selon lequel l’OFPRA décidera d’accorder ou non le droit d’asile, six mois d’attente difficile, pour Zahra, une jeune Erythréenne arrivée à Paris enceinte de huit mois, Pour les Kanesha, qui ont fui le Sri Lanka avec deux de leurs enfants suite à des menaces de mort., pour Les Moulougheta, un couple et son bébé victimes de persécutions religieuses en Ethiopie, et les Wong, contraints de quitter la Mongolie après avoir dénoncé les trafics du chef de la police.
La majeure partie de ce film, poignant, ne peut vous laisser indifférent, à l’image de la vie, surtout quand celle –ci soulève trop de problèmes à régler source d’une certaine tension nerveuse, le rire, les sourires naissent de par et d’autres, soupapes de sécurité, chez les Arrivants comme chez leurs interlocuteurs, jamais blindés toujours battants et disponibles pourvu que l’on n’oublie pas certaines règles, car si nous avons suivis quatre dossiers, pénétrer la vie de ces arrivants, d’autres continuent d’arriver…et Colette, Carole, Juliette et tous les autres continuent, coute que coute.
Jamais le temps dans ces bureaux n’aura passé aussi vite, face à ces tranches de vies venues d’ailleurs, face à ses ARRIVANTS et leurs ACCEUILLANTS ! Et à peine quelques plans du dehors, ces territoires inconnus, ce Paris si cosmopolite !
Et impossible de ne pas faire ce rêve étrange et inquiétant , mon réveil là dans un pays inconnu pourrais-je alors trouver une aide adéquate, une oreille attentive, quelqu’un à qui parler…oui l’humanisme est une vertu universelle..Non ?

Excessif.Com “…La chronologie des rendez-vous offre par ailleurs une formidable dramaturgie naturelle, puisqu’aux entretiens avec les assistantes sociales succède la mise en français du récit des familles par une juriste. Une étape destinée à apporter la preuve des persécutions subies afin de transmettre un dossier convaincant à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Ce passage dans le bureau de Juliette nous permet ainsi d’en apprendre davantage sur les différents protagonistes, tandis que leur parole se libère peu à peu. Il dévoile aussi le climat de suspicion qui règne à l’égard des étrangers. En effet, comment ne pas s’interroger sur la vérité de leur récit, alors qu’eux-mêmes se gardent de tout raconter par crainte des représailles ? Une méfiance aggravée par les difficultés de communication dues à la langue, qui donnent également lieu à des situations burlesques. ..”
CritiKat.Com “…Les Arrivants n’est pas strictement un film politique. Son ton n’est pas militant. Il n’assène pas, il montre, il suggère. Une vérité complexe, celle de l’immigration, qui dérange, dont on ne sait, parfois, que faire, qui nous confronte à notre capacité d’accueil, en tant que société, mais aussi en tant qu’individu. Le contexte politique est bien présent, mais en arrière plan. L’objet de Claudine Bories et de Patrice Chagnard, c’est l’humain, en premier plan de leur film. Des hommes et des femmes dont on découvre les bribes de leur histoire en même tant que les assistantes sociales. Ce face-à-face complexe confère aux Arrivants un ton plus universel, plus intime. Un ton porté par une confrontation, loin d’être évidente, entre des individualités. Où la frontière du strict rôle professionnel est parfois franchie…”
Le Monde.Fr – “Les Arrivants” : saisissant huis clos

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3 thoughts on “Les Arrivants – De Claudine Bories & Patrice Chagnard

  1. Tu as de la chance d'avoir vu ce documentaire. Il a l'air extrêmement intéressant. Je ne suis pas sûre qu'il passe par chez moi….

  2. To Lo : Hi! Oui douze salles , c'est peu ! Un film si riche humainement qu'il en dépasse le terme de documentaire !Les arrivants auraient mérités plus, plus de salles, plus de moyens humains et financiers en général .Vu hier Ajami post suivra ! film enthousiasmant .

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