L’Illusionniste – De Sylvain Chomet

L’Illusionniste
Réalisation De
Sylvain Chomet

Scénario de
Jacques Tati
& Sylvain Chomet.

Film d’Animation

À la fin des années 50, une révolution agite l’univers du music-hall : le succès phénoménal du rock, dont les jeunes vedettes attirent les foules, tandis que les numéros traditionnels – acrobates, jongleurs, ventriloques – sont jugés démodés. Notre héros, l’illusionniste, ne peut que constater qu’il appartient désormais à une catégorie d’artistes en voie de disparition. Les propositions de contrats se faisant de plus en plus rares, il est contraint de quitter les grandes salles parisiennes et part avec ses colombes et son lapin tenter sa chance à Londres. Mais la situation est la même au Royaume-Uni : il se résigne alors à se produire dans des petits théâtres, des garden-parties, des cafés, puis dans le pub d’un village de la côte ouest de l’Écosse, où il rencontre Alice, une jeune fille innocente qui va changer sa vie à jamais.

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L’Illusionniste
Impossible bien sur de ne pas reconnaitre Jacques Tati lui-même dans ce personnage longiligne aux pantalons trop courts ce prestidigitateur de cabaret, sur le déclin alors que le rock’n’roll et la vague yéyé envahit la France. Ce magicien que la scène parisienne déserte, Sylvain Chomet le met en œuvre recréant de son crayon les chaudes lumières des néons prestigieux des salles parisiennes. Mais quand vient le tour de l’artiste, la salle s’est vidée, les tours de chapeau claque d’où il extrait encore et toujours son belliqueux et ventripotent lapin, ne font plus recette.
Et puisque le vent semble souffler d’outre-manche, le voici en Angleterre, toujours devant une salle quasi vide. Il passe ainsi du music hall à la garden-party. Dans le parc d’un château succédant à une cantatrice tout droit échappée de l’univers de Dubout, il jongle multipliant les verres et lie connaissance avec un écossais divinement saoul qui lui glisse sa carte et une invitation. Voici notre enchanteur voguant pour une ile, sa cage et son lapin sur les genoux tandis que l’hôte enfin sobre pilote l’embarcation, véritable instantané reproduisant à peu de choses prés la couverture du Tintin « L’Ile noire », était-ce voulu je ne sais pas ! Quoiqu’il en soit les paysages, ceux de cette nature sont sublimes, des couleurs tirant sur les pastels, les ocres, des traits légers à peine appuyés font merveille. Ce petit village, son pub où l’on installe juste l’électricité compose une carte postale plus que naturelle , ce petit bout du monde où notre héros enchante la galerie juste avant que l’on n’y installe un jukebox tout rutilant !Dans ce petit bout du monde s’escrime une cosette, aux chaussures trouées mais à magicien rien d’impossible et ainsi voila notre princesse chaussée de neuf quand vient l’heure de partir. Sans le savoir notre ami emporte dans ses bagages un bien drôle de souvenir. La jeune fille ne le quittera plus , durant un bon moment tout au moins.Alors que vivre du Music-hall semble définitivement impossible, pour lui et sa jeune protégée le grand escogriffe au grand cœur, s’essayera à maints métiers, garagiste nocturne, publiciste d’un genre bien particulier, mannequin. Comme tous les pensionnaires du petit hôtel où il loge avec la jeune « cosette » de plus en plus belle, de plus en plus citadine, les temps s’avèrent difficiles. Le clown du dernier étage à des pensées suicidaires, le marionnettiste à mis son gagne pain au clou.
Viendra l’heure de libérer les oiseaux, les tourtereaux, notre jeune demoiselle dont le cœur vient de croiser l’amour, notre lapin rendu à l’appel de la plaine et des kilos à perdre….et pour notre Illusionniste, le regard d’un enfant qu’un simple petit tour illumine….
Illuminer, Illusionniste…les deux mots vont très bien ensemble je trouve !
Sylvain Chomet ranime la flamme et l’esprit Tati, s’octroyant quelques libertés avec le script original pour mieux l’enrichir et rendre un hommage flamboyant et non nostalgique car bien vivant à Jacques Tatischeff, voir l’apparition de Tati en scope sur le grand écran de cette animation !
Excessif.Com “…C’est peu dire que le film d’animation respire l’univers d’un cinéaste majeur, Jacques Tatischeff lui-même dans le rôle principal, tout en silhouette longiligne, pantalon trop court et gestes mesurés. Le magicien de cabaret traverse les nuits parisiennes en silence, rompu à une gamme qu’il connaît sur le bout de ses longs doigts…”
CritiKat.Com “…L’Illusionniste met en scène Jacques Tati mais un Tati passé sous le filtre de la fiction, tamisé par son propre double réel (le scénario original est de Tati) et par un continuateur devenu géniteur, Chomet. Respectant dignement le texte, ce dernier s’est permis quelques chemins de traverse, quelques libertés, dont la plus réussie est formelle : l’animation en deux dimensions est un écrin fabuleux pour rendre compte de la si singulière silhouette de l’homme à la pipe et de sa gestuelle empruntée…”


Le Monde.Fr
– “L’Illusionniste” : Jacques Tati, héros d’un hommage animé

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