Winter’s Bone – De Debra Granik

Winter’s Bone 
(États-Unis, 2010)
Réalisation de 
Debra Granik
Scénario de 
Debra Granik & Anne Rosellini.

D’après  le roman de Daniel Woodrell.

Interprétation : Jennifer Lawrence (Ree Dolly), John Hawkes (Teardrop), Garret Dillahunt (Shérif Baskin), Sheryl Lee (April), Lauren Sweetser (Gail)…

Grand Prix au Festival de Sundance 2010

Prix du Jury au 36e Festival Du Cinéma Américain De Deauville 2010

Synopsis
Ree Dolly a 17 ans. Elle habite au coeur du Missouri, dans la forêt des Ozarks et assure seule la subsistance de sa famille:  son frère et sa soeur plus jeunes, sa mère malade.Ses efforts assurent à ce foyer un équilibre précaire.
Celui-ci se trouve menacéquand le père, pour sortir de prison, hypothèque leur maison et prend la fuite.
Ree n’a alors d’autre choix que de se lancer à sa recherche sous peine de tout perdre.Elle va se heurter à la loi du silence qui règne dans cette contrée sauvage.
Elle n’a qu’une idée en tete : sauver sa famille.A tout prix !

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Winter’s Bone
Quand Ree racle le fond du frigo pour assurer un déjeuner minimum  à son petit frère et à sa encore plus jeune sœur, elle ne sait jamais de quoi demain sera fait. Dans l’attente du retour d’un père qui ne vient pas, dans l’absence passive d’une mère présente physiquement mais moralement et mentalement out, elle porte seule le poids du foyer, aidée discrètement par un couple de voisin, car ici on ne quémande pas, mais l’on accepte sans histoires ce que l’on vous offre, elle profite ainsi parfois d’un peu de gibier, et peut laisser sa jument profiter du foin de ses voisins.
Emmener le long du chemin, à travers bois les deux enfants à l’école, rentrer fendre du bois, se mettre à l‘affut et guetter les quelques écureuils qui assureront  le prochain repas, former les deux petiots à l’art de la chasse aussi bizarre que cela puise paraitre pour des enfants aussi jeunes, une question de survie encore plus que de traditions ici dans cette région isolée, faite de forêts où seuls quelques riches éleveurs prospèrent, pour les autres la vie est une lutte ,leur caractère a tous : rude voire rustre. Pour certains la vie se situe toujours à la marge, ici on prospère maintenant grâce à la méthamphétamine, facile à fabriquer quand on ne fait pas exploser tout un labo !
Cela fut-il le destin du père de Ree ? C’est apparemment ce qu’on voudrait lui faire croire, car dans sa recherche du père Ree bouscule et dérange toute une communauté où un mot d’ordre, une presque religion domine, la fermer !
Mais cette gamine accrocheuse a de qui tenir, cette communauté de taiseux, rude, prompt à la bagarre elle y puise ses origines, pour elle une seule chose importe retrouver son père, mort ou vif afin d’empêcher la saisie de leur seul bien , la maison familiale, alors que même le frère de ce dernier, son oncle donc , vieux complice du trafic paternel lui conseille d’abandonner , avant qu’il ne soit trop tard ….
Debra Granik réalise une épopée rurale, sorte de fantasia chez les ploucs, où les honnêtes paysans se partagent avec des trafiquants et consommateurs de narcotiques, où l’éleveur prospère aussi bien dans la viande bovine que dans le marché des amphétamines !

La réalisatrice exploite à merveille les richesses mises à sa portée, des paysages aussi grandioses, forets  à perte de vue qu’inquiétants, les tons bleuâtres d’une lumière tamisée par les arbres donnent à l’ensemble un coté surréaliste. On songe parfois à David Lynch quand tout baigne dans une fausse torpeur, les portraits enfin échappés d’une Amérique profonde faite de semi hors la loi . A ce titre, Teardrop (John Hawkes) excelle dans le trait d’union qu’il incarne entre sa nièce et ce monde inquiétant…et je songe à Denis Hopper
Mais celle qui survole, surclasse le tout, en jeune fille intrépide, Ree Dolly (Jennifer Lawrence) un souffle de tendresse vis  à vis de ses petiots, frère et sœur à elle seule confiés, et sur lesquels elle veille farouchement, terriblement jusqu’à l’impensable (voir la scène de récupération..) prête à tout pour continuer à en assurer la garde, là, Chez Eux !
Un film abrupt mais pourtant vivement conseillé ! 

Excessif.Com “..Autour d’elle, la nature semble posséder une force matérielle et spirituelle – il faut être attentif aux sons, aux bruits, aux murmures. Sa seule arme, c’est la foi inébranlable qui l’anime: elle a des qualités de cœur et un esprit d’indépendance qui lui feraient soulever des montagnes. L’actrice qui l’incarne (Jennifer Lawrence, une révélation) illumine cet univers d’ombres comme un ange, seule bougie d’une Amérique profonde : elle a un visage d’enfant mais s’exprime comme une adulte. A l’image de ce paradoxe, le film est à la fois doux et angoissant…”
CritiKat.Com “…Et c’est probablement à ce niveau-là que Winter’s Bone s’en sort le mieux. Évitant les généralités sociologiques, le film ne déborde pas du cahier des charges que la réalisatrice avait fixé : faire corps avec son personnage principal et le suivre dans sa quête. Mais là où le film se heurte à sa grosse limite, c’est que cette quête n’a en soi rien de bien passionnant, la faute à un scénario qui s’en tient paresseusement à un seul enjeu dramatique là où il aurait été intéressant de multiplier les pistes….”
Le Monde.Fr – “Winter’s Bone” : voyage au bout d’une nuit d’hiver

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