Fighter – De David O.Russell

 Respectueux des codes immuables des grandes sagas de la boxe, David O. Russell raconte avec brio le retour inattendu d’Irish Micky Ward (Mark Wahlberg) entraîné par son demi-frère Dicky Eklund (Christian Bale).
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Fighter 
(The Fighter, États-Unis, 2010)
Réalisation de 
David O. Russell

Scénario : Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson,
sur une histoire de Keith Dorrington, Paul Tamasy et Eric Johnson.
Image : Hoyte Van Hoytema (Morse)
Interprétation : Mark Wahlberg (Micky Ward), Christian Bale (Dicky Eklund), Melissa Leo (Alice Ward), Amy Adams (Charlene Fleming), Jack McGee (George Ward), Mickey O’Keefe (lui-même)…

Oscars 2011 du meilleur acteur dans un second rôle pour Christian Bale
Oscars 2011 de lameilleure actrice dans un second rôle pour Melissa Leo

Synopsis
Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l’aider à s’affranchir de l’influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes. Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C’était avant qu’il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison. Entre le sportif en quête d’un second souffle et l’ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d’échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu’ils ont raté chacun de leur côté…
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Fighter
Evidemment au premier plan, en filigrane figure la boxe mais fort heureusement elle n’accapare pas tout l’écran, loin s’en faut !
Bien sur  il s’agit d’un biopic, inspiré car remarquablement adapté, de l’histoire des frères Ward, mais plus encore car se greffe sur l’histoire de ces deux frangins, demi-frères pour être précis, celle de leur famille et de la petite ville qui les a vu grandir Lowell, cité industrielle textile à l’agonie dans le Massachussetts.
Ce film parvient avec une redoutable efficacité à nous emmener sur les pas des deux frères, l’un Dicky Eklund qui connut une relative et courte heure de gloire surfe sur son aura locale et sur une tchatte à toute épreuve mais s’oublie trop fréquemment dans les volutes de crack (formidable Christian Bale) faciès émacié du drug-addict et élocution survoltée. Censé entrainer son frangin Micky (Mark Wahlberg) ses absences à répétitions sont sources de problèmes. Micky qui entre deux entrainements  bosse comme cantonnier (voir la splendide séquence d’ouverture, le balai-râteau raclant les graviers, plan au ras du sol  avant d’élargir le champ jusqu’au deux frérots et d’emprunter la rue principale élargissant celle-ci jusqu’à son point de fuite, images d’une petite cité américaine, elles seront nombreuses et toutes forts  justes et à propos ces images superbes que nous devons  au  responsable de la photographie Hoyte Van Hoytema (Morse) .
Pour chapeauter le tout ,la mère Alice Ward (Melissa Leo),  clamant les louanges du frère ainé et son (ancienne) gloire, véritable tiroir caisse de la famille, elle manage et parle bizzness tant bien que surtout mal, envoyant son cadet dans des combats merdiques et n’hésitant pas à le faire boxer dans une catégorie qui n’est pas la sienne , l’envoyant ainsi véritablement au casse-pipe.
Qu’il proteste et l’on évoque l’esprit de famille, l’ex-gloire du frère. Pourtant après une sévère défaite dans un combat par trop inégal, Micky va remporter un autre défi, aborder une bien  jolie barmaid, obtenir un rencard et de séance de ciné (imparable le cinéma d’auteur français) en rendez-vous, se trouver une allié dans cette fille lucide et déterminée. Charlene (Amy Adams) va lui ouvrir les yeux(et son cœur…et son lit..), le réveiller, l’émanciper, bousculer la famille …

Le film de David O. Russell  restitue à merveille une  certaine Amérique, les décors  et la photo fantastique créent  une ambiance très réaliste ou du moins qui semble telle pour ceux qui comme moi ne connaissent les states qu’en images ! Il faut voir ce cinéma, ce bar, et cette maison à crack d’où Dicky s’évacue presto chutant de deux étages sans problèmes atterrissant toujours sur le  même tas d’ordures.
Fighter reste un film sur la boxe, mais que dire de cette histoire d’amour, que dire de la dégringolade du frangin et sa possible rédemption, enfin toute cette galerie de personnages, ceux qui font la vie d’une petite cité, où le shérif  endosse la tenue d’entraineur-soigneur  assistant par exemple .
Fighter ménage son lot de suspense et constitue en cela un film prenant et malgré les coups rempli d’humanité ! Les amateurs du « noble art » apprécieront eux le combat final et même si l’on nous a maintes fois fait le coup force est de reconnaitre que cela marche toujours !!!

Fighter offre enfin de magnifiques numéros d’acteurs, ceux qui furent primés, Christian Bale évidemmentstupéfiant ! Melissa Leo prête à faire le coup de poing ou de talons aiguille à la tête de sa bande de harpies ! Et ceux qui ne le furent pas, Mark Wahlberg  sans doute victime du choix cartésien qu’il fallut faire face à Bale ! Et puis pour sa jolie frimousse mon petit oscar du joli sourire ira à Amy Adams bien sur !
Oui voila un film fort bien agréable, de par son sujet mais d’autant plus de par l’univers qu’il nous fait pénétrer, une plongée in America le tout emmené par une troupe d’acteurs au top de leur forme !
Allez je glisse une pièce dans le juke- box et tout à l’heure j’irai trainer mes guêtres du coté du boxing-club, à moins que j’me fasse un bowling (tiens si le Duke était par là ) …

CritiKat.Com “…e film se distingue par une relative et peut-être trompeuse économie de moyens, qui mêle style documentaire et codes du ciné indé, privilégiant caméras portées ou steadicam, du moins dans ses séquences “socio-dramatiques” ; plus inédites que la parabole du champion qui se relève, ces dernières rognent donc (comme sa famille) sur la reconquête de Micky, quand bien même les combats, cadrés par les équipes de HBO (pas des inconnus pour Wahlberg), atteignent une vérité pas si fréquente. S’adjoignant le talent du directeur photo de Morse, Russell étouffe l’esbroufe et développe son élégant réalisme, servi par des interprètes pas toujours subtils mais souvent bluffants. Il touche ainsi dans ses moments les plus réussis à la simplicité émouvante,….”
Le Monde.Fr – Entre réel et fiction, le cinéma vainqueur aux points

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