Passeur d’espoir – De Branko Schmidt

Passeur d’espoir
De Branko Schmidt

avec Kresimir Mikic, Mei Sun, Leon Lucev, Armin Omerovic

Titre original : PUT LUBENICA (Croatie)

Synopsis

Mirko ( Kresimir Mikic)est passeur pour la mafia locale. Il fait traverser la rivière Sava, à la frontière de la Bosnie-Herzégovine et la Croatie, en direction de l’Ouest. Un jour, son bateau surchargé chavire et les clandestins chinois qui s’y trouvaient se noient. Seule une jeune femme,Mirna Rijeka(Mei Sun) survit et Mirko décide de la cacher. A son contact, Mirko connaît un changement dans sa vie. La jeune chinoise est un témoin gênant et la mafia la kidnappe avec l’aide du chef de la police locale qui est également l’oncle de Mirko.

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Comme un parfum d’ « eastern », est car nous sommes en Croatie , au bord de la rivière Sava affluent du Danube, frontière naturelle passage vers l’ouest . « Eastern » si le terme n’existe pas je l’invente, j’y reviendrai !
Ce fleuve, paysage sombre, boisés, peuplé de ruines, vestiges d’une guerre fratricide récente, là où survit Mirko entre un état de défonce quasi permanent, émergeant quand le chef de la pègre allons y mafia locale lui confie un lot de passagers, traverser la rivière sur une embarcation de fortune, pour un prix exorbitant, sous les yeux de douaniers plus ou moins ripoux.Passagers incertains pour un monde meilleur, ou pour l’enfer. ..cap vers l’ouest..
Reprenons l’allégorie du western, le Danube remplaçant ici le Rio Grande..Okay vision toute personnelle !
Du passé de Mirko nous n’apprendrons quasiment rien, si ce n’est ce que ses yeux, son regard vide laisse entrevoir, son manège avec l’interrupteur plongeant avant de rallumer la pièce dans le noir, incessamment, évoquant ainsi les lueurs d’un éventuel champ de guerre, de bombardements. .? Trop d’horreur à l’image de ces charniers que des équipes internationales mettent à jour ?
Au bourg, un peu plus loin c’est le système débrouille et le règne d’un petit nombre, mafia locale et notable corrompus, faune bête, brutale et sauvage. Suite aux derniers événements, la décision de Mirko le mettra en porte à faux avec celle-ci ! Il lui faudra redevenir ce qu’il a un jour été…Et là comment ne pas songer, sans réellement établir de comparaison, aux grands opus westernien de Clint Eastwood, ces œuvres westerns crépusculaires, on y retrouve ici deux des principales composantes, vengeance et règlement de comptes..Et cadavres à la pelle !


Branko Schmidt s’avère habile dés le début pour capter l’obscurité, celle des bois, des plans d’eau , des ruines, des entassements et enchevêtrements métalliques émergeant ici ou là, atmosphère oppressante. Son antihéros, pêcheur à la dynamite, abandonnera peu à peu son existence de rat camé, réveillé par une jeune asiatique à l’âme bien trempée..Mais n’est il pas trop tard ?
Sans être une œuvre majeure, ce film n’a certainement nécessité qu’un budget moyen et forme cependant un tout cohérent et relativement emballant ! En tous cas un autre regard vers l’est.. ..et l’ouest en horizon et une trop rare évocation du drame qu’a traversé cette région !

Excessif.Com “..Le réalisateur bénéficie d’un savoir-faire indéniable distillant des atmosphères âpres et pesantes, offrant de nombreux passages qui prennent littéralement à la gorge comme le naufrage, où l’incroyable histoire d’amour entre un passeur et l’une de ses “marchandises”. Branko Schmidt pose sa caméra et construit habilement ses ambiances, dévoilant une humanité désenchantée et moribonde. ..”
Evene.Fr “..Cette histoire de rédemption, non sans rappeler le cinéma de Clint Eastwood, se révèle étrangement lumineuse. On trouve de la grandeur et de la gravité dans ce ‘Passeur’ et en effet, beaucoup d’espoir…”
CritiKat.Com “…L’ouverture du film est prometteuse par sa noirceur et sa sécheresse. .. Il évolue dans des paysages de fin du monde : la large rivière boueuse, baignant dans la brume ou cinglée par des pluies diluviennes, longe d’anciennes installations industrielles désaffectées. La mise en scène parvient à rendre quasi-fantastique ce bout de nulle part, hanté par une loque mutique dont l’une des rares occupations consiste à pêcher à la dynamite, puis par une jeune femme perdue, que la faim et la volonté de poursuivre son voyage depuis un pays dont elle ne connaît pas la langue vont pousser à solliciter l’aide du responsable de la mort de ses compagnons…”
Le Monde.Fr – “Passeur d’espoir” : cauchemars d’Europe

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2 thoughts on “Passeur d’espoir – De Branko Schmidt

  1. Réalisé en 2006, « Passeur d’espoir » le très beau et très sombre film du réalisateur croate Branko Schmidt est depuis la semaine dernière dans nos salles de cinéma…et il ne faut surtout pas le rater ! D’abord, parce que ce n’est pas tous les jours qu’un film croate sort sur nos écrans, et que, auréolé de quelques prix mérités dont l’Antigone d’Or au festival de Montpellier, cette oeuvre-là est vraiment une petite pépite au milieu des sempiternelles productions « poids-lourds » du cinéma américain. « Passeur d’espoir » est une belle surprise, qui nous plonge au coeur d’un vaste réseau qui exploite la misère humaine, à savoir les coulisses peu ragoûtantes de l’immigration clandestine dans les pays de l’Est au lendemain de la guerre de Bosnie. Sujet difficile s’il en est et qui aurait pu très vite tourné à l’austérité affligeante, mais Branko Schmidt, véritable cinéaste d’atmosphère, à su contourner le piège avec maestria, en signant ici une peinture implacable et quasi documentaire des errements d’un pays balafré et au bord du gouffre. « Passeur d’espoir » est un film empli de noblesse, de vérité et de force. L’absence de dialogue entre les deux personnages principaux à imposé au réalisateur de laisser simplement parler les images soigneusement composées. Tout passe par les regards échangés et les gestes à peine esquissés. Cette histoire de rédemption, se révèle étrangement lumineuse et poétique. Grandeur et gravité se mêle à ces deux personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer et qui, par l’effet du hasard et de la tragédie, sauront se trouver pour mieux se perdrent. Kresimir Mikic qui joue Mirko, compose un personnage décharné et bouleversant, à la fois habité et exsangue mais que, ni l’amour, ni la volonté de se racheter ne sauvera et malgré une économie de moyens financiers visible à l’œil nu, le jeu des acteurs est impressionnant de justesse et d’émotion.Le film de Branko Schmidt est une véritable splendeur visuelle avec des images sombres et délavées d’une beauté ténébreuse, qui parvient à rendre quasi-fantastique ce no mans-land entre Bosnie et Croatie. La pluie, la neige, l’eau noire et boueuse de la rivière, les branches mortes des arbres et la boue quasi –omniprésentes sont de véritables personnages à part entière qui renforcent, par leurs seuls présences muettes, le désespoir et la violence qui ronge cette région du monde encore en plein chaos et ou les charniers à ciel ouvert dégueulent encore tout les jours son lot de victimes de guerre. On regrettera juste la fin un peu trop artificielle et sanguinolente à la « Rambo » mais c’est vraiment peu de chose au regard de tout le reste et « Passeur d’espoir » a largement mérité sa place dans la longue liste des films dits « nécessaires ».

  2. @ Zem : Ou comment toucher au but avec peu de moyens…C’est ce genre de petit films qui participent à tout l’amour que je porte au 7eme art.Tiens à titre d’exemple je suis curieux de voir si “Fish Tank ” d’ Andrea ARNOLD récoltera à nouveau quelque chose à CannesRED ROAD son premier film m’avait enthousiasmé !Biz à Toiau plaisir de te lire

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